Comment briller par son amabilité … ?

Un joli conte pour enseigner les qualités de patience, d’amour et de dévouement d’un enfant pour ses parents lorsqu’ils sont malades.

Clique ici pour télécharger le conte et les questions : La petite soeur du Soleil

La petite soeur du Soleil

Un soir, en se couchant, le Soleil se dit :

« Il y a tant de gentilles petites filles sur la terre que j’en veux une pour petite sœur. Je la prendrai bonne, douce, gaie ; et je la rendrai tellement heureuse qu’elle ne regrettera pas d’avoir été choisie par le Soleil pour être sa petite sœur. »

Le lendemain, le Soleil se leva radieux dans un ciel tout bleu. Il n’avait pas oublié sa résolution de la veille, et il se mit tout de suite en campagne. Il voulait avoir fixé son choix avant le soir et pouvoir se dire, en se couchant : « J’ai, sur la terre, ma petite sœur. »

Le Soleil entra d’abord dans une grande belle maison habitée par des gens très riches. A travers de jolis rideaux de mousseline blanche, il pénétra dans la chambre d’une fillette de sept ou huit ans. C’était une bien jolie chambre ; tout y était blanc : les rideaux, le lit, les meubles, les tapis. Dans un coin, une poupée, aussi grande qu’un vrai bébé, dormait dans un petit lit, tout blanc également.

En entrant dans cette chambre, le Soleil se dit : « La petite fille qui demeure ici doit être bien heureuse, et, étant heureuse, elle est sans doute très gentille.»

Il fut vite détrompé. Debout près de la toilette, rouge de colère, la petite fille criait et frappait du pied, pendant que la bonne lui démêlait les cheveux, bien doucement cependant. Le Soleil ne s’arrêta pas pour entendre toutes les sottises qu’elle disait à sa bonne. Il disparut aussi vite qu’il était venu.

Il entra ensuite dans une maison plus modeste, où il vit une fillette qui boudait devant un bol plein d’une bonne soupe au lait bien sucrée. Elle boudait parce qu’elle aurait voulu du chocolat. Le Soleil ne resta pas deux minutes dans cette maison-là non plus.

Un peu plus loin, il aperçut une petite fille qui dormait encore. Sa maman l’avait déjà appelée plusieurs fois ; mais chaque fois, au lieu d’essayer de se réveiller, elle avait essayé de se rendormir, et elle avait réussi. Une paresseuse ne pouvait naturellement pas devenir la petite sœur du Soleil.

Dans une autre maison, le Soleil crut avoir trouvé ce qu’il cherchait. Une petite fille au visage souriant apprenait ses leçons pour l’école. Elle travaillait avec ardeur, ne se laissant pas distraire, ni par le petit chat qui faisait des culbutes sur le tapis, ni par les hirondelles qui entraient parfois dans la chambre à la poursuite des mouches.

Le Soleil, tout content, caressait doucement les cheveux de la fillette et pensait déjà : « C’est celle-là qui sera ma petite sœur », lorsque la porte s’ouvrit brusquement, et un petit garçon se précipita dans la chambre, un cahier à la main.

« Lucie, s’écria-t-il, veux-tu me refaire ce calcul ? Je sais que j’ai fait une erreur ; mais je ne peux pas la trouver. »

Le sourire disparut des lèvres et des yeux de Lucie : « J’ai mes leçons à apprendre, » répondit-elle ; « si tu me déranges, je ne les saurai pas… Va-t’en ! »

Le petit garçon n’insista pas. Il s’en alla, tout triste ; et le Soleil se retira en même temps que lui : il s’était encore trompé.

Après cela, il vit beaucoup de petites filles dont pas une n’était vraiment gentille.

L’une d’elles pleurait dans son bain. Une autre taquinait son petit frère.

Une autre, très jolie, mais aussi en même temps très coquette, arrangeait ses cheveux devant la glace au lieu d’amuser sa toute petite sœur qui pleurait dans son berceau.

Une autre, à laquelle sa maman avait donné un mouchoir à ourler, et qui n’aimait pas coudre, ne se donnait aucune peine pour bien travailler et faisait de gros points irréguliers.

Le Soleil commençait à se sentir très découragé : « Il n’y a donc pas, sur la terre, une seule petite fille digne d’être ma sœur !» se dit-il. « Je vais encore visiter cette chaumière que je vois là-bas, au milieu du champ, et, si je n’y trouve personne, ou si je n’y trouve qu’une petite fille comme toutes les autres, je renoncerai à mon désir d’avoir une petite sœur. »

Par une fenêtre de la chaumière, où il entra un peu paresseusement, le Soleil aperçut une petite fille qui allait et venait dans une pièce servant à la fois de cuisine, de salle à manger et de chambre à coucher.

Au fond, une porte entr’ouverte laissait entrevoir une deuxième chambre plus petite. C’était les deux seules pièces de la chaumière. La petite fille, après avoir fait deux lits dans deux coins de la chambre où elle se trouvait, se mit à balayer le plancher et à épousseter les pauvres meubles ; elle faisait tout cela sans bruit, comme si elle eût craint de réveiller quelqu’un.

Malgré lui (car il était bien décidé à ne plus se laisser prendre aux apparences), le Soleil se sentit attiré par cette petite fille, qui avait l’air si active et si douce, et il l’observa de plus près.

Tout à coup, la fillette leva les yeux, et le Soleil vit qu’ils étaient bleus comme le ciel de ce jour-là. Cette fois, le Soleil fut tout à fait captivé ; il se dit : « Il n’est pas possible que des yeux pareils appartiennent à une vilaine enfant » ; et il pénétra plus loin dans la chambre.

— « Marie », dit une voix qui venait de la deuxième pièce : « Es-tu là ? »

— « Oui, maman, répondit la fillette, en s’élançant dans la chambre de sa mère où le Soleil la suivit. « Te sens-tu mieux ? Papa m’a dit, avant de partir à son travail, que tu avais été malade toute la nuit. »

— Oui, j’ai été bien souffrante : mais je me sens beaucoup mieux à présent. Ce sommeil prolongé m’a tout à fait remise, je crois. »

— Quel bonheur ! Ne te lève pas encore. Je t’ai fait du café et des rôties. Je vais te les apporter, et tu déjeuneras au lit. Cela te fera du bien. »

— « Non, mon enfant : il faut que je me lève. Il est très  tard. »

— Mais, maman, dit Marie, tu n’as rien à faire. Pourquoi veux-tu te lever ? »

La mère de Marie la regarda d’un air perplexe, et Marie éclata de rire : « Tout ton ouvrage est fini, s’écria-t-elle joyeusement : « La cuisine est balayée, et les lits sont faits. »

— « Et tes petits frères ? »

— « Je les ai débarbouillés et habillés, et ils sont partis à l’école. »

— « Ils ont déjeuné ? »

— « Oui, maman, je leur ai fait leur soupe, et j’ai déjeuné avec eux. »

— Et toi, fillette, tu as manqué l’école. Tu n’auras pas de bons points aujourd’hui. »

— Cela ne fait rien, maman. J’aime mieux te soulager un peu que de gagner tous les bons points du monde. »

La maman, les larmes aux yeux, attira dans ses bras sa vaillante petite fille et l’embrassa tendrement. Alors le Soleil inonda la chambre de sa glorieuse lumière ; il en enveloppa la petite fille, et il en mit dans ses yeux bleus. A partir de ce jour-là, Marie fut, sans le savoir, la petite sœur du Soleil.

A partir de ce jour-là aussi, elle eut dans les yeux une lumière extraordinaire, qui rendait heureux tous ceux qui la regardaient. On lui donna le surnom de «Rayon de Soleil », car, disait-on, elle a du Soleil dans les yeux. Et c’était vrai.

Alice Dussauze. Le travail est la loi du monde (env. 1902)

Expressions et mots expliqués 

se mettre en campagne : se mettre en mouvement pour découvrir ou obtenir quelque chose

ourler : garnir d’un ourlet (repli cousu sur les bords pour éviter que le tissu ne s’effile)

chaumière : maison rurale, de campagne couverte de chaume.

captivé : gagner et retenir l’intérêt de quelqu’un par une sorte de fascination quasi irrésistible

souffrante : malade

vaillante : courageuse

Idées

  1. Quels sont les défauts des petites filles qui ont déplu au Soleil ?
  1. Quelles sont les qualités de la dernière petite fille qui ont plu au Soleil ?

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(3) Commentaires

Nathalie 5 juin 2015

Cette histoire et très belle. 🙂

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aliya.m2003 5 juin 2015

Bonjour,
Cette histoire est très jolie, et j’ai bien aimé la lire. 🙂

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Issoufou 13 mai 2017

Tres belle histoire éducative!!

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