Etes-vous satisfait de votre sort ?

Découvrez l’attitude surprenante de ce personnage… Et vous ? Comment réagiriez-vous ?

L’homme content

Un pauvre laboureur retournait chez lui après une rude journée de travail : il portait un panier* contenant des provisions.

— « Quel bon souper je vais faire ! » se disait-il. « Ce mor­ceau de viande, arrangé avec ces gros oignons coupés en tranches, mes trois œufs en omelette, assaisonnés de sel et de poivre, le tout arrosé de cette bouteille de jus, cela me fera un repas digne d’un roi. J’ai un morceau de pain de seigle à la maison pour le compléter. Je vais me régaler comme il faut. »

En ce moment, le pauvre homme vit deux méchants garçons, qui frappaient un de leurs petits camarades.

Il courut à eux et délivra * celui qu’on maltraitait; mais l’un des enfants, en s’enfuyant, culbuta son panier, et les œufs furent écrasés.

— « Bah ! » se dit l’homme, « je me contenterai de ma tran­che de viande aux oignons. Tout le monde n’a pas une tranche de viande à son souper. »

Un peu plus loin, dans un bois, il aperçut des noisettes.

-— « Oh ! oh ! » fit-il, « la petite de ma voisine les aime beau­coup. Pauvre enfant ! Elle ne peut pas venir en cueillir comme les autres années, puisqu’elle s’est cassé la jambe. Je vais lui en porter quelques poignées *. »

Il se mit au travail et eut bientôt rempli ses poches. Mais, pendant ce temps, un gros chien s’approchait sans bruit et emportait le morceau de viande du laboureur dans sa gueule.

—   « Bah! » dit encore l’homme; « il me reste la bouteille de jus. Une bouteille de jus avec un bon morceau de pain, ce n’est pas à dédaigner. »

En cet endroit, la route était traversée par un petit ruisseau, qu’on passait sur des pierres glissantes. Une vieille femme, portant sur la tête une grosse botte d’herbe, était arrêtée sur l’un des bords, bien embarrassée.

—   « Attendez,» dit le brave homme, « je vais vous aider. »

Il tendit la main à la vieille femme, mais, dans ce mouvement, le panier lui échappa, et la bouteille de jus fut bri­sée en mille morceaux.

—   « Bah! » se dit pour la troisième fois le laboureur, « je souperai ce soir de pain frotté d’oignons, ce ne sera ni la première ni la dernière fois. Encore bien heureux d’avoir du pain et des oignons. »

Et il se remit en route, chantant comme devant, le panier vide, mais le cœur satisfait d’avoir rendu service à son prochain.

Adaptation de Victorien Aury (L’Écolier Illustré.)

 Explications.

panier : ustensile d’osier ou de jonc dont on se sert pour transporter du pain, des provisions, etc.

délivrer : rendre libre (contraire : livrer), comparez faire et défaire, boutonner et déboulonner, etc.

poignée : ce que le poing fermé peut contenir; on forme de même bouchée, cuillerée, charretée, etc.

Mots difficiles (Orthographe).

— Un laboureur, le panier, trois œufs en omelette, bien assaisonnés, un oignon, mille morceaux, le cœur satisfait.

Questions.

  1. Que pensait le laboureur en rentrant chez lui ?
  2. Qu’avait-il dans son panier ?
  3. Comment ses œufs furent-ils cassés ?
  4. Que devint son morceau de viande ?
  5. Sa bouteille de jus ?
  6. Que se dit-il pour se consoler ?

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